L’obsession de la prévision

 

Je ne vais pas entrer dans le discours du « c’était mieux avant », parce que je ne le pense pas.

Je crois en la différence.
Et un monde qui se ressemble malgré le temps qui passe nous ferait stagner.

L’obsession de la prévision
On veut prévoir.
Prévoir l’avenir, le parcours universitaire, la météo, les choix, les rencontres…Dès l’enfance, cette obsession de la prévision existe.

Petit, trop jeune souvent, on nous demande « qu’est-ce que tu voudras faire quand tu seras grand ? ».
Et il faut trouver une réponse.
C’est-à-dire qu’il faut mentalement se projeter, futuriser comme on utilise dans le jargon de l’hypnose, choisir un chemin, s’arrêter dessus, souvent en soustrayant les autres voies, et formuler un souhait.

Ce n’est rien vous me direz. Et pourtant, cette simple mécanique mentale et la finalité verbal de la réponse peuvent être des pièges. Se projeter dans le champ des possibles est une chose.
Mais choisir c’est renoncer nous dit Nietzsche.

Autrement dit, lorsqu’on questionne un enfant sur l’avenir qu’il se voit faire plus tard, on est aussi en train de lui demander de renoncer à certaines possibilités.
A cela s’ajoute l’engagement verbal de la réponse.
Ainsi, le verrouillage mental a lieu et crée un biais cognitif d’engagement.

Un chemin est tracé.
Et qu’en est-il des autres ?
Rêves avortés ?
N’est-ce pas parfois les peurs et les angoisses de l’adulte qui parlent derrière ces questionnements ?

Car ne pas savoir de quoi demain sera fait devient de plus en plus compliqué….

Marie



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